On entend souvent parler du burn-out, mais lorsque le diagnostic est posé, bien souvent, il est trop tard… Quels sont les symptômes du burn-out? A quoi reconnait-on que l’on est en train de tomber dans la spirale d’un burn-out? Voici quelques éléments qui vous aideront à faire la différence entre un épuisement passager et un véritable burn-out, afin de mieux le prévenir et d’enrayer sa spirale destructrice. 

Les 7 signes majeurs du burn-out

Ils apparaissent de façon progressive, voire insidieuse, et peuvent ne pas tous vous concerner. Mais le plus souvent, c’est l’ensemble de ces manifestations qui peuvent vous montrer que vous êtes bel et bien en train de sombrer dans la spirale du burn-out.

Or, plus vite on prend conscience de cette spirale, plus vite et plus efficacement on pourra en sortir. D’où l’importance de comprendre les manifestations possibles du burn-out pour le reconnaitre et prévenir cette spirale.

Le déni : symptôme n°1 du burn-out en puissance 

Les excuses, un des premiers signes du burn-out

La spirale de la toute puissance et du déni dans le pré-burn out : Avant de tomber dans un réel épuisement, la plupart des gens vont avoir tendance à passer par une phase où ils cultiveront à la fois la « toute-puissance » et le déni.

Je m’explique. Pour cela, prenons un exemple : Imaginons que vous travaillez depuis plusieurs années dans le même poste. Vous avez un travail prenant, qui habituellement vous épanouit. Mais depuis quelques temps, de petits signes apparaissent qui disent que cela ne va pas bien : vous prenez plus de temps pour faire des tâches pourtant habituelles, votre concentration est très diminuée… Quelque part au fond de vous, vous savez que cela n’est pas normal. Mais au lieu de vous poser les bonnes questions et de comprendre que le problème vient d’un déséquilibre personnel, vous rejetez la difficulté sur le travail :

« Oh, c’est le boulot… Je bosse trop, j’en ai trop à faire, c’est juste dû à la surcharge temporaire, ça va passer… »

Bref, vous vous trouvez de fausses excuses

2 : Un symptôme du burn-out : Le présentéisme

Et comme vous cherchez de fausses excuses au problème, forcément, vous vous tournez vers de fausses solutions : vous augmentez votre temps de travail. Vous commencez plus tôt, vous terminez plus tard… Et comme vous n’êtes toujours pas efficace, vous ramenez du travail à finir à la maison.

Petit à petit, sans vous en rendre compte consciemment, vous mettez en place un leurre qui consiste à vous rendre en apparence tout puissant : puisque vous êtes capable de faire plus d’heures, de vous rajouter encore ceci et cela à faire, après tout, c’est bien la preuve que vous allez bien, et que si vous vous sentez fatigué et dépassé, c’est la faute au boulot, mais qu’au fond, vous êtes capable de surmonter tout cela, que c’est juste un épisode passager à dépasser…

Vous entrez dans une terrible spirale : vous en faites de plus en plus pour combler un manque, pour combler un trou, pour combler des failles, mais vous ne gagnez qu’en fatigue. Vos journées deviennent hyper complètes, et du coup, elles ne vous permettent plus de récupérer.

3 : L’épuisement : autre forme du burn-out

Parce que vous continuez à aller au travail et que vous êtes toujours moins concentré, moins efficace qu’avant, parce que vous n’arrivez plus à avancer, vous avez augmenté votre temps de travail. Parfois même, vous en rajoutez une couche : vous pensez qu’en emmenant du boulot à la maison, vous vous en sortirez enfin, qu’enfin, vous pourrez remonter la pente. 

Quelque part, au fond de vous, vous savez bien que vous êtes en train de craquer. Et c’est justement parce que la belle image que vous avez de vous-même se fissure que vous en remettez une couche : vous avez l’impression d’être au bord d’un précipice et de commencer à tomber… Sans espoir d’en voir le bout.

Et malgré cela, vous continuez à vous rajouter du travail. Fatigue sur fatigue, vous ajoutez à votre manque de concentration et d’efficacité des troubles de mémoire et des sautes d’humeur qui peuvent devenir difficiles à supporter pour votre entourage

Il vous devient de plus en plus difficile de prévoir, de vous organiser, de vous concentrer. Vos capacités de planification et de synthèse semblent ébranlées, et vous qui étiez il y a peu de temps encore le « super manager de votre vie », vous vous trouvez tellement éreinté que vous avez du mal à prendre des décisions toutes simples et à atteindre vos objectifs, même les plus banals. 

Parce qu’on voit qu’on est moins efficace, on déploie une énergie encore plus grande à dépasser nos difficultés. Mais parce qu’on ne parvient qu’à s’enfoncer encore davantage, on sombre dans la frustration…

4 : La perte d’intérêt pour son travail, autre manifestation du burn-out

Bientôt, alors que quelques mois plus tôt encore on faisait un boulot que l’on aimait, on se surprend à se remettre en question : « Est ce que j’aime encore mon taf? »

Les mêmes tâches qui nous procuraient auparavant épanouissement et sensation de se sentir pleinement à sa place ne semblent plus nous apporter qu’ennui et même dégoûtOn agit en automatique, parce que la perte de sens est bien là : on a l’impression d’être un robot, sans énergie, sans motivation. On n’est pas bien dans notre travail, et du coup, on ne se trouve pas bien non plus à la maison, ni avec nous-même.

On se dépersonnalise, on a l’impression même de se déshumaniser. On a parfois même l’impression de perdre une part de nous-même.

Êtes-vous déjà touché par le burn-out?

5 : Encore un signe possible du burn-out : se remettre au sport…

Parfois, quand vous commencez à entrer dans la spirale de l’épuisement professionnel, vous pouvez avoir « LA fausse bonne idée ». Les médecins disent souvent que, pour être épanoui et en bonne santé, il faut une activité physique.

Le sport est un bon moyen de se ressourcer… Quand on le pratique avec modération.

Oui, mais voilà : vous êtes dans la spirale insidieuse du : « je me rajoute des choses », parce que vous sentez venir l’effondrement, parce que vous sentez que vous vous effritez, vous vous remettez au sport de façon intensive. Pour vous, c’est une fuite en avant : une façon de remettre du sens dans vos journées, de retrouver de l’excitation.

Oui, mais voilà : vous ne vous contentez pas de vous mettre au yoga le jeudi et le lundi soir. Non. Pour vous, vous remettre au sport signifie parcourir 40 kms par jour en vélo, vous fixer l’objectif de courir un marathon, ou encore assister à toutes les séances quotidiennes du club à côté de chez vous.

Et du coup, qu’est-ce qui se passe? Vous ajoutez de la fatigue à votre fatigue, et malgré toutes vos belles intentions, vous vous enfoncez encore davantage dans la spirale du déni et de l’épuisement.

6 : On devient un super-héros

Pour nous cacher de cette réalité qui est notre effondrement, et surtout pour la cacher aux autres, on fait tout pour tenir bon. On veut garder coûte que coûte notre image de personne efficace, d’être supérieur qui peut tout gérer, qui dépasse les difficultés…

Alors, on endosse notre cape rouge, et on se donne des apparences de vainqueur. On a des journées énormes, des journées folles. On montre qu’on tient le coup, et on augmente même nos tâches, notre charge de travail. Le but? La quête de la performance. Cependant, parce qu’on ne s’écoute pas, parce qu’on ne prend pas soin de soi, on a le corps qui lâche et qui dit stop, et malgré notre belle cape rouge, on se retrouve super-héros… Sans super-pouvoirs. 

7 : La perte d’empathie dans le burn-out

Parce que vous vous sentez épuisé, vous ne vous trouvez plus en accord avec vous-même. Cela se ressent dans votre rapport avec les autres : vous vous sentez complètement déconnecté de votre entourage. Petit à petit, vous ne parvenez plus à ressentir d’empathie envers les autres. Vos capacités de patience et de résilience s’effritent. Vous vous isolez, et cet isolement se maintient dans le temps.

Vous n’êtes plus dans l’action, mais dans la réaction. Vous avez des gestes d’impatience, d’agacement, qui ne vous étaient autrefois pas coutumiers. Parce que vous allez au-delà de vous-même et de vos capacités et que vous continuez à lutter alors même que vous êtes épuisé, vous ne parvenez plus à comprendre ces autres qui se plaignent de leur petit quotidien, de ce que vous percevez comme « leurs petits problèmes ». 

Petit à petit, comme on se laisse envahir par la fatigue psychique et émotionnelle, on se laisse gagner (et dépasser) par l’angoisse, l’anxiété, le stress. Même si on était une personne d’ordinaire d’humeur joyeuse, on devient d’humeur triste. Hypersensible, on se surprend à réagir avec une irritabilité qui ne nous ressemble pas. On a l’impression de ne plus rien ressentir, on seulement des choses négatives.

On rumine, on perd notre sens de l’humour. On perd la notion de plaisir, on se replie sur soi. Petit à petit, on entre dans un processus de dissociation qui nous dépersonnalise. On est impulsif, voire hostile à l’égard d’autrui. On se désengage, on se laisse envahir par le doute et la dévalorisation. 

On a tendance à interpréter les événements de manière négative, voire même à avoir des idées suicidaires… 

Comment puis-je sortir de mon burn-out?

Signe après signe, la spirale du burn-out est insidieuse.

Petit à petit, vous sombrez. Mais au lieu de prendre ces manifestations pour ce qu’elles sont : des alertes, vous remettez tout sur la faute d’un problème physique, sur le stress, sur votre charge de travail. Vous ne remettez pas en cause votre propre surinvestissement, votre dépendance au travail ni votre propre fatigue. 

En fait, les signes ne sont pas seulement psychiques. Bien souvent, à la liste de ces maux, se rajoutent des douleurs physiques. Parce que la tête ne suit plus, le corps craque. Parce qu’on rumine trop, on dort mal. On mange moins, ou au contraire, on sombre dans des addictions dont on ne parvient pas à sortir. Et c’est notre santé qui trinque… On a mal au dos, au ventre… Il suffit qu’on prenne des vacances pour tomber malade, on est sujet aux maux de tête, aux vertiges, voire on déclare des pathologies plus graves. 

Quand on entre dans cette spirale, on le sait, on le voit, qu’on commence à s’effriter. Les petits symptômes sont nombreux et ils pourraient nous alerter, mais pourtant, on refuse de les voir. On persiste dans le déni, et on se rajoute encore des éléments, encore du travail, pour faire abstraction de la souffrance qui est en nous. On en fait toujours plus aussi surtout parce qu’il y a une énorme peur de se dire que si je craque, je ne pourrai pas me relever, que je vais perdre mon boulot, mon statut, que je vais montrer aux autres que je suis faible.

Or, la solution, quand on en est à ce stade du burn-out, c’est de décoder les signes d’alerte. C’est de comprendre que la faiblesse n’a rien à voir là-dedans, qu’on est juste en train de dysfonctionner, et qu’il est temps de se reconnecter à ce que je suis, à mes compétences, à mes talents.

Quand j’aurai retrouvé tout cela, j’aurai retrouvé mon énergie, ma force, cette envie de travailler, d’exister par le travail et d’exister aussi en dehors du travail. 

Parce que je suis moi-même passé par le burn-out, et parce que j’en suis sorti, je peux parler aujourd’hui de burn-out salvateur. Cette expérience m’a permis d’en ressortir grandi, de donner un nouveau sens à ma vie. Mais le burn-out est un épisode de vie qui porte en lui une grande souffrance, une souffrance extrême et inutile, qu’il est absurde de vivre. Même si cette expérience m’a permis d’y voir plus clair dans ma vie, j’aurais pu éviter toute cette douleur si j’avais su décoder plus tôt les signes et les symptômes du burn-out.